Dimanche 1 novembre 2009



On m'en avait parlé. On m'avait dit "tu verras, tu vas te sentir hors du temps, oublier tous tes soucis et te balader pendant une heure trente entre rires et larmes".
On m'avait prévenue. On m'avait presque tout raconté. Et Délia a chanté...
Elle est magnifique, généreuse, vraie...
On m'en avait parlé. On avait juste omis de me dire l'émotion, ... énorme.  Le violon qui s'emballe, le violon qui pleure, qui danse et les mains qui frappent, la voix de Délia qui monte et moi, assise, sur les planches en bois, bouche bée de trop vouloir en dire.





Il y avait la troupe aussi. Sans artifices ni filet. Ils ont défilé sous la chaleur torride du chapiteau. Chaude la toile, chaude l'ambiance, je ne savais plus. La pluie perlait sur mon visage au travers de la grand' tente, ça m'a fait sourire.
Je les regardais et chaque fois la goutte qui me tombait sur la joue me faisait sursauter. Ca faisait partie du spectacle!





Je les regardais et je trouvais leur authenticité extrêmement belle. Ils avaient choisi de vivre leur vie de nomades et de l'arrêter pour quelques mois en plein coeur de Paname. Ils étaient Italiens, Roumains et surtout Tsiganes dans l'âme.
Le violon s'affolait. Mes souvenirs aussi...
Sur l'air d'Ederlezi j'ai retrouvé des souvenirs laissés il y a 30 ans en Croatie, dans ma famille, au coeur des vallons perdus. Je me demande si ce petit village existe encore. J'y étais cet après midi. Le violon m'a ramenée là bas, dans ce pays démantelé qui n'existe plus : la Yougoslavie...
Je ne sais quel tsigane m'a prise par la main, m'a emmenée sur les traces de mes grands parents en quelques notes. Le spectacle était sous la toile et dans ma tête, grandiose.







*******

Alexandre Romanès est issu de la grande famille Bouglione. Désireux de renouer avec les racines tsiganes du cirque et ses plaisirs nomades, il décide de créer son propre spectacle. Pour cela il achète un petit chapiteau et quelques caravanes, reproduisant la magie transmise par son grand père sur la piste. Il rencontre Délia. Lui Italien, elle roumaine, leurs deux cultures ne vont plus en faire qu'une pour servir le monde tsigane auquel ils appartiennent désormais.
Une grande famille qui se produit actuellement à Paris et ce jusqu'au mois de Janvier. Du pur bonheur sans strass ni paillettes, avec juste un violon, une contrebasse, une voix et quelques battements de mains...
Courez-y ou cliquez sur ce lien pour le découvrir...en musique.
http://vids.myspace.com/index.cfm?fuseaction=vids.individual&VideoID=62479844



Par Lady Angel - Publié dans : Le Pastel de Nan
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Mercredi 28 octobre 2009



Ferme de Vertuelle (Marne) Septembre 2009


Kermany Octobre 2009

"Non je te dis, vas y toi, je ne suis pas tranquille. Depuis ce matin je ne pense qu'à ça et ça me turlupine de ne pas savoir. Ca me cogne dans la tête et je me fais du mouron, que veux tu, je suis comme ça..."
"Ecoute, ça n'est peut être pas si grave au fond. Qu'est ce qu'elle craint hein?..."
"Ah ça te ressemble bien ça tiens, tu minimises tout ! Là quand même tu pourrais faire un effort, comprendre mes inquiétudes, je sais pas moi ! Non, au lieu de ça tu restes là à me regarder en souriant et si je ne te connaissais pas je penserais même que tu te moques !"
"Ben à dire vrai...y'a un peu de ça..."
Le coussin traversa la pièce comme une balle. Titouan conservait son flegme naturel, s'inquiétant aussi peu que Nan fulminait. C'est qu'elle avait écouté tout ce qu'il était possible d'entendre sur ce fameux baiser tueur, qui à la radio, les journaux, la TV, Internet ou que sais-je encore. Elle s'était gavée d'informations plus que de peit-déj et le résultat était là. Elle avait la trouille...
Titouan, lui, s'était juste levé pour profiter de la journée. Il avait ouvert la porte de chambre de leur puce et avait trouvé le lit vide. Sans alerte, il s'était dirigé vers la fenêtre et l'avait trouvée comme à son habitude au milieu des près, à câliner tout animal à sa portée.
Alors il avait entamé sa journée avec le sourire, repus de bonheur.
Nan, elle, n'en pouvait plus. La savoir dehors, là, de si bonne heure avec tout ce qui pouvait arriver : on pouvait la kidnapper, les bêtes pouvaient la piétiner, elle, si petite, la grippe pouvait lui tomber dessus d'un coup, un zinc pouvait s'écraser , là, pile poil dans son champ, la terre pouvait trembler, s'ouvrir, un missile pouvait s'égarer depuis quelque contrée en guerre et je crois qu'elle craignait même le tsunami si loin de la mer...
Perla mis ses bras autour du cou de la vache. Elle approcha sa bouille du grand bovidé et posa ses lèvres sur le museau humide. Non, il ne se passerait rien, rien d'autre que du bon dans sa petite vie d'enfant...
Nan l'ignorait...

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Je me demande si à notre époque où toutes les folies semblent permises,  ce genre de scène bucolique n'est pas devenue un "miracle". On nous surmédiatise à grands coups de peur, de risques et d'atrocités.  A grands coups d'échaufourrées politiques, de coups fourrés aussi et l'on finirait presque par en oublier les choses simples par crainte qu'elles ne dégénèrent. Etes vous Nan, êtes vous Titouan ou... plus près encore de Perla ?

Par Lady Angel - Publié dans : Le Fusain de Nan
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Samedi 19 septembre 2009






Il courait partout et ça en devenait saoulant. Mais Gwerelaouen en était sûr, il l'avait vu.
Les adultes fraîchement tirés du lit lui riaient au nez et le père Calloch' lui même préféra enfouir son nez dans son bol de café que d'écouter ces balivernes.
Il n'était pas né de la dermière pluie le vieux et ça n'était pas un bambin de dix ans qui allait lui tourner la tête.
Le vieux Job lui riait de bon coeur. Les histoires de mômes, il aimait ça et il goûtait avec délectation les mots du petit homme. Il avait l'air tellement sûr de lui ce gosse!
Il racontait dans un débit presque indéchiffrable qu'il l'avait vu, là, sur la place du village, vêtu de blanc, marchant à pas feutrés sur le pavé et qu'il n'avait rien osé dire, lui d'ordinaire si bavard, non, il avait juste regardé et s'était enfui en courant.
Gwerelaouen le clamait : il avait vu un ange !
N'y avait-il ce matin là que les enfants pour le croire? N'y avait-il que ce porteur de fils pour rester accrocher à l'enfance?
Le marionnetiste rangeait déjà sa créature dans sa boîte quand Nan se décida à sortir. Elle esquissa un sourire ravi et posa sa main sur l'épaule du petit gars.
Elle aussi avait vu un ange, mais véritable celui là, se tenir devant la marionnette. Il l'ignorait pourtant,  tout à la magie de son âge...


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Cette semaine se tenait à Charleville Mezières et ce, comme tous les 3 ans, le Festival Mondial de marionnettes. Ce splendide festival accueille des artistes du monde entier en des spectacles de rue et de salles dans le centre de la cité comme sur la Place Ducalle. Si tu ne connais pas, laisse toi tenter en 2012. De plus cela te fera l'occasion de passer par mon antre si tu es un(e) ami(e) bloggeur; la salade au lard y est excellente et je la sers copieusement. Alors n'hésite pas car si la route de Kermany est imaginaire, le chemin qui mène à ma table est bien réel.


Par Lady Angel - Publié dans : Les Pastels de Gweralaouen
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Mardi 1 septembre 2009




Pour entrer dans l'histoire, clique sur la photo, c'est bluffant !



C'était sans doute les premières vraies vacances de Nan. La date, elle ne s'en souvenait plus. Pas plus que de son âge. Elle se souvenait juste qu'elle les avait comptés, 100, 500, 1000, ..., 1500. Ils n'avaient pourtant pas réussi à l'endormir. Au contraire, plus ils passaient devant elle, plus elle avait écarquillé les yeux pour s'en émerveiller. C'est que ça n'était pas tous les jours qu'elle croisait pareil troupeau.
Dans sa Bretagne natale, les bergers ne regroupaient autour d'eux que quelques dizaines de tête mais le vieux Job lui avait depuis longtemps conter l'aventure des montagnes et elle s'était promis qu'un jour...




Col du Sabot. Vaujany. Isère Aout 2009 Alt 2100m

Pour te promener encore recliques sur ces deux photos



Col du Sabot. Vaujany. Isère Aout 2009 Alt 2100m

Pour les voir il lui avait fallu grimper là haut, s'éreinter sur des hauteurs incroyables, apercevoir derrière le lac la tête couronnée de blanc du Grand Mont. Quelle merveille !  Le Mont Blanc !
Elle avait d'abord entendu le chien aboyer et n'avait rien vu. Puis les cloches ensuite l'avaient interpellée. Sur le sentier de la Cochette, elle avait accéléré le pas pour aller les voir, pour enfin les approcher comme s'il ne devait y en avoir qu'un. Là, dans l'alpage ils avaient surgi au creux de la montagne. Du regard elle avait balayé l'espace pour trouver le berger qui, à sa grande surprise, était une femme. Elle lui avait parlé, voulait savoir.
Elle avait alors deviné les mois passés à marcher dans l'alpage, à compter et recompter les bêtes, à dormir dans un abri de fortune, à admirer la beauté des lieux et puis demain encore, et puis après aussi...
Elle s'était dit "pourquoi pas moi?". Un tel espace, une telle évasion, un tel silence et les bêtes au milieu.


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A Savoir:  En Angleterre quand on suit bêtement ce que font les autres, on ne dit pas se comporter comme un "mouton de Panurge" mais... se conduire comme un lemming. A tondre ça va être moins facile c'est certain !!!!



Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec
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Mercredi 26 août 2009
Clique sur les photos pour les voir en grand format




La Vilette près Vaujany. Isère Août 2009


Nan s'était levée plus tôt que d'ordinaire. Comme à chaque15 Août qui avait déjà jalonné sa courte vie, la gamine était debout à l'heure où s'en vont paître les biques. L'air était vif mais on y sentait déjà les odeurs de bois brûlé qu'on avait mis au feu toute la nuit durant.
Sitôt la porte de sa masure refermée elle avait couru rejoindre les hommes dans ce réduit austère qu'ils appelaient pompeusement le "laboratoire". C'est là que sorties du gigantesque pétrin, les miches de pain allaient être mises en forme avant qu'on ne les emmène au four sur de grandes planches de bois.
Aujourd'hui était un jour exceptionnel. Non pas dans le fait que tout un chacun s'improvise boulanger, mais parce que pardi, c'était surtout son anniversaire. Nan aimait cette effervescence qu'elle prenait pour elle secrètement. Elle aimait que ce jour là soit un jour de fête et elle mis la main à la pâte avec une énergie incroyable.




La Vilette près Vaujany. Isère Août 2009

Une cinquantaine de boules de seigle s'alignaient sur les étals de bois lorqu'elle décida de remonter près du four. On avait depuis quelques heures retiré les braises encore rouges et on aurait cru la pierre endormie s'il n'avait fait si chaud près de la voûte. Le four garderait ainsi sa chaleur encore longtemps après la cuisosn du pain, et les femmes du village viendraient y faire mijoter qui un gratin, qui une tarte bien après que les derniers pains soient sortis.

Elle regarda le boulanger rentrer les boules les unes après les autres, les mettre en bonne place et refermer le four. Elle eut le sentiment que l'attente n'en finissait pas et que le pain, son pain serait trop cuit, forcément trop cuit puisque ça prenait tellement de temps.




La Vilette près Vaujany. Isère Août 2009

Lorsqu'enfin elle eu de nouveau le droit d'entrer dans la four, ce fut pour écarquiller tant les narines que les yeux devant le spectacle. La paline s'étendait comme une main immense pour aller chercher les pains dans le ventre chaud de la pierre. Elle devinait la saveur, le croustillant et le plaisir qui se dégagerait de chaque miche.



La Vilette près Vaujany. Isère Août 2009


Il faudrait cependant attendre encore un peu, car si ce cadeau de mie se gardait près de deux mois comme un savoureux cadeau, sa dégustation ne serait parfaite qu'au lendemain de sa cuisson. Nan ne tiendrait pas jusque là.
Furtivement elle chaparda une miche qu'elle enfouit dans son tablier.
Elle partit un peu trop précipitamment pour qu'on ne le remarque pas. D'autant qu'à chaque 15 Août qui avait déjà jalonné sa courte vie, chacun ici savait qu'elle passait une grande partie de la journée, cachée, à dévorer son larcin...

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Je me suis demandée d'où venait l'expression "Four Banal". Elle date en fait du Moyen Age . Selon Wikipédia, les banalités sont, dans le système féodal, des installations techniques que le seigneur est dans l'obligation d'entretenir et mettre à disposition de tout habitant de la seigneurie. La contrepartie en est que les habitants de cette seigneurie ne peuvent utiliser que ces installations seigneuriales, payantes. Ce sont donc des monopoles technologiques.

Les principales banalités sont :

  • le four banal
  • le moulin banal
  • le pressoir banal
  • le marché aux vins

Un autre droit seigneurial était la banalité de tor et ver, donnant au seigneur seul le droit de posséder un taureau ou un verrat. Ainsi la reproduction du bétail pouvait aussi être sujette à redevance.

Ces privilèges, théoriquement abolis le 5 aout 1789, ne le seront effectivement qu'en 1793.



Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec
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L'Edito du Plumier






Col du Sabot Isère 2009


L'Alpette Isère 2009
Balade du Jour

"28 Octobre de l'An 2009"

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