Edito du Plumier



Blog en construction

L'aventure de ce blog commence aujourd'hui
Samedi 17 Mai 2008

Description : Dans "Ecritoire" il y a le mot Ecrire certes. Mais il y a aussi les mots "Histoire","Mémoire"et juste en lueur le mot "Espoir". Que ce blog soit les trois réunis pour vous conter des épopées de vies, des brêves d'émotions qui furent les leurs, les miennes et peut être les vôtres. Un partage de mots, d'images, de ressentis et d'imagination qui se promène entre hier et demain, sous une plume guidée à l'émotion de l'instant présent.

Du rire aux larmes, je vous souhaite bonne lecture.

Lady

Sous Votre Plume aussi...

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Lundi 14 juillet 2008






Cli clac dans la poche. Gauche droite, oiseau par-ci, sorti par là.
Nan était légère et court, très court vêtue pour affronter ce jour là la foule des badauds.
Ah c'est qu'il faisait chaud et le galure, aussi modeste ou ridicule soit-il, était de rigueur sur sa maudite tignasse.
Ah elle avait l'allure la Nan, comme ils disaient au village ! Elle avait l'allure avec son attirail de pacotille
pour aller chasser le cliché.
"La Nan".
Peut lui importait. L'essentiel était dans son objectif et ça n'était point grave qu'elle nourrit celui des autres.
Il fallait bien rire. Et si Nan ne comptait pas passer inaperçue -cela aurait été dur !- elle espérait tout du moins passer incognito.

Personne ne la reconnue ce jour-là. Etait-ce le style, l'allure ou simplment parce que tous étaient occupés à pointer le nez en l'air?
Elle n'eut qu'à rire d'elle même lorsqu'elle se vit croquée par d'autres visiteurs.
"La Nan, la sacrée Nan..."

*******


Tant qu'à aller à un festival de Montgolfières, autant être gonflée. Tant qu'à rire, autant commencer par soi avec très peu de sérieux.
Voilà qui donne à un jour ensoleillé des allures encore plus festives et à un look décalé l'envie d'en faire autant.... Avis aux amateurs héhé


par Lady Angel publié dans : Le Fusain de Nan
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Dimanche 6 juillet 2008


Il lui avait dit d'avancer encore un peu et de se mettre dans l'allée, juste derrière l'arbre noué. Qu'il arriverait peu de temps après, le temps de ranger deux trois bricoles dans la remise et de lisser sa barbe.
Nan avait déjà la tête au soleil et je crois bien qu'elle ne l'avait guère écouté.
Elle était partie tête nue dans les sous bois sans se soucier du chemin à prendre.
Elle s'était laissée chavirer la tête par les parfums de fleurs et la douceur du temps. S'enivrer était pour elle une seconde nature.
Elle marchait à vive allure mais s'arrêtait aussi souvent. Et ce qu'elle vit lui fit oublier que là où elle s'était rendue, Job, son vieil ami, ne la rejoindrait sûrement pas.

Elle mit dans son regard tout ce qu'elle avait d'émerveillement pour  jamais que ne s'y efface ce paysage là. Elle le mit en mémoire comme on peint un tableau, couleur après couleur, touche après touche; elle, elle le mit fleur après fleur, découverte après découverte...




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Mais où était donc Job lorsqu'elle se retourna? Que voyait le vieil homme là où il était?
Etait-elle dans un rêve? Elle se pinça... rien ne se passa.
Job n'apparut pas à ses côtés et le paysage ne disparut pas.

Elle se dit qu'elle avait du pour une fois entrer enfin dans un tableau, sauter le pas du rêve et voir ce qu'il y avait de l'autre côté. Enfin...
Ce n'est que lorsqu'elle entendit Job crier "mais bon sang, où est ce que tu étais????" qu'elle comprit combien parfois le chemin de l'émerveillement est tout proche de celui que l'on suit.

Elle prit Job par le cou et lui claqua une bise sur la joue. Le vieux rougit. Cela l'a fit rire. Lui ne comprit jamais pourquoi.
Des années durant ils se retrouvèrent là à bavarder.
Mais n'y allèrent jamais par le même chemin, Job sur un, Nan sur l'autre...


*******


Aller à Giverny, pour qui sait se laisser porter par la magie des choses ou des lieux, c'est comme entrer dans un tableau de Mary Poppins et vivre une réalité assez féérique que l'on garde souvent en soi.
Regarder ça comme un grand gosse, c'est suffisant pour trouver l'endroit sublime.
Et pour qui ne croit pas à tout ça, il suffit de sauter les deux pieds dedans, pour faire comme ci.
Eh ben je vous assure que ça marche, on est dans le tableau, si si. Que ceux qui sont encore sceptiques agrandissent les photos et ils verront bien que je ne bluffe pas, les Nymphéas sont devant leurs yeux !!!!


Faites comme elle, sautez dans le tableau ou alors restez tranquillou sur le chemin de Job.
Mais alors ne vous étonnez pas si rien ne se passe !





par Lady Angel publié dans : Les Crayons de Job
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Vendredi 27 juin 2008

Nan était bien décidée à ne pas s'en laisser conter.
Elle irait donc elle-même voir de quoi il en retournait puisque Job n'était en aucun point d'accord avec elle.
Il n'en démordait pas, qu'à part la rangée d'hortensias couchée contre son pignon, aucune fleur à ses yeux ne méritait qu'on s'extasie sur sa beauté.
Le vieux bougre avait déjà du mal à s'extasier sur les courbes d'une femme, ça n'était certes pas pour s'épancher en propos futiles sur les volutes d'une fleur !

Nan irait à Giverny !

Elle ne savait comment. Elle ne savait ni de la distance, ni du sujet exact mais...elle avait lu dans les livres. Et quand on lit dans un livre on a tôt fait de s'en faire tout un poème...



Carte postale Parisienne


Elle irait voir le Jardin de Monet, elle irait elle-même se griser de parfums de thé, de framboise, de vanille et de jasmin que lui porteraient les roses.
"Des trucs de bonnes femmes qu'il disait Job ! J't'en fouterai moi ! " Il devait avoir sur ses parois nasales autant d'odeurs de goëmon qu'il y en avait sur les rocs alentours. Il aurait du venir tiens !

Ah oui. Il aurait du voir ça ! Ses hortensias pouvaient bien s'étirer au soleil, ça n'avait rien à voir.

Nan partirait demain dès l'aube. Elle emporterait sa palette, son chevalet et son tabouret à 3 pattes.
Et il verrait bien le Job, ah oui, il verrait bien qu'il aurait du la suivre...




******* 

La Fondation Claude Monet se situe dans le petit bourg de Giverny à quelques kilomètres de Vernon, dans l'Eure.
Cet espace abrite la propriété du peintre Claude Monet (1840- 1926) qui s'y installa et y composa beaucoup de ses toiles les plus célèbres.
On retrouve ainsi son jardin et le pont Japonais qui lui inspira la célèbre série des "Nymphéas"
Pour plus de renseignements sur ce petit paradis, cliquez ici.

par Lady Angel publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec
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Mardi 24 juin 2008




Clic sur la photo pour l'agrandir


Petits pas de patachons
Menues menottes à calissons
Tous les sourires sont de sortie
Chouette est la vie chez nos petits

Pas à pas ces menues souris
Escaladent l'escalier plastic
Poussent le pied pour passer preum's
Menues quenottes et patapon

Cris de crécelles et crocs de craignos
Les canaillous crêpent les chignons
Pour voir vibrer sous leur vigueur
La toile étale tissée d'étoiles.

Petits pas de patachons
Glissades glacées et rigolades
Fou est le jeu gonflé à fond
Ballon bonheur de la baignade

Assise sur un transat qui craque sous la patate empotée qui tapote entêtée (bref je joue avec le bouton de l'apn ! ), je regarde ses petits petons s'aligner et attendre...attendre en sautillant que celui de devant passe pour que ce soit enfin leur tour, enfin monter le grand jeu gonflable et s'élancer de toute sa joie vaille que vaille jusqu'en bas.
Je voudrais y aller, sauter avec eux, leur bonheur m'emporte, je souris, je me laisse prendre à la joie si fraîche des enfants qui s'amusent.
Petits pas et patapon , j'étais en haut du toboggan !

*******

Il faisait chaud, beau, bleu. Les marmots criaient et j'adorais ça. Un homme est venu avec son compresseur gonfler le plus grand jeu soous le regard médusé des petits comme des grands. Il savait le bonheur qu'il allait produire. Il a pris le jet, a arrosé tout ça et il a ri de bon coeur, ah oui, comme un grand gosse. Il régnait dans cet endroit là un plaisir immense, à les regarder, les entendre.... Magique !
 
par Lady Angel publié dans : Le Pastel de Nan
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Samedi 21 juin 2008


Je voulais leur dire à ces deux là, tout ce que les mots n'inscrivent pas dans les livres, tout ce qu'il n'y a que dans la voix, ce qu'on se dit souvent tout bas...




Syl Juin 2008 Clic pour agrandir la photo

Eric Juin 2008 Clic pour agrandir la photo



Syl..., Eric, mes deux bras, mes deux racines, mon frère, ma soeur et tellement de tout ce qu'on ne dit pas.

Il y a des instants qu'on attend et d'autres qui surviennent, on se croise parfois comme on aurait pu s'éviter et voilà 40 ans d'une vie bousculés , enfin partagés.
Je n'étais la soeur de personne avec deux bras trop grands pour me tenir toute seule. J'pensais que je ne servirais jamais à ça. "Dommage" je me disais, "j'me confierai jamais à mon frangin et je ne garderai pas les secrets de ma frangine". Il y a vait déjà tellement de temps de passé. Trop pour les regrets c'était clair. Maman était trop vieille, moi je n'étais plus toute jeune alors... Les éclats de rire et les solitudes s'affichaient dans mes carnets intimes, sans autres noms que le mien...

Oui mais voilà. On croit toujours qu'il ne pleut que sur nos têtes ou que l'eau n'est mouillée que pour nous, mais les nuages comme le soleil nous couvrent tous. Et les matins rêveurs comme les matins chagrins, ceux remplis de l'espoir de ce partage, on avait du voir les mêmes va.

Car il y avait toi, il y avait lui, il y avait elle et puis nous. Ca devait être inévitable. J'avais pourtant rien vu venir.  Je regardais sans doute trop le vide qui était derrière...

C'est pour cela que je voudrais vous dire au fond de chaque oreille, au fond de chaque regard qu'il n'y a rien de virtuel quand je vous prends la main, quand je serre au plus fort  pour vous prendre dans ma course, dans ma folie, là sur le chemin qui sent soudain l'enfance heureuse, au fond des bois.

Le goût de la vie et mes brins de bonheur je les dois à vos sourires, à vos paroles, au simple fait de vous avoir.
Sans vous, sans toi ma Syl, sans toi ptit frère, je ne serais plus là.
Plus de rires, plus de Lady, plus rien. Vous sans moi ?
Ca m'est apparu impossible d'abattre cet arbre là sans faire tomber les deux autres. Nous avons les mêmes racines.
Je les ai plantées,  il y a trois ans, dans vos vies comme vous l'avez fait dans la mienne; nous sommes liés les uns aux autres et ça ne tient pas qu'en une poignée de mains. Nous sommes je crois comme ces arbres qu'on appelle des Faux et qui se servent des racines de leur congénères pour repousser, toujours plus forts, toujours plus loin.
Inséparables sans doute.

 Les mots viennent à me manquer. Les arbres ne parlent pas. Ils vibrent.
Je n'avais rien que mon passé, j'ai désormais le vôtre et un quotidien qui brûle de la même sève. 

Ma soeur, mon frère, il est des liens plus forts que les liens de sang: ceux qui nous retiennent à cette vie qui nous est si chère. Vos branches se sont nouées aux miennes et les feuillages comme les vies se confondent... qui pourrait dire ce qu'il voit?
Je ne savais rien de vous, que des bouts d'écrans, des bouts de blogs.

Je voulais vous dire ce soir le bout qu'il manquait, le nid ; c'était cette sublime rencontre qui est venu sceller 3 ans d'échanges et de partage.

Qu'il était chouette le "serrage" d'au revoir, sur un quai de gare, ciel de brouillard.
Il y avait là un grand arbre à six branches sur un bout de macadam.
J'voulais vous dire entre deux mots ceux que je retiens, ceux qui me manquent, qu'il n'est rien de plus porteurs que vous : mes deux bras, mes deux racines.

Eric, Syl, c'est rien de dire que je vous aime.



*******


Pour ceux qui ont suivi l'histoire de mes blogs depuis leurs 3 ans d'existence comme pour ceux qui nous découvrent :

Syl du blog "Un Autre Regard" : c'est une amitié énorme qui est née au hasard d'une rencontre sur le Net. Elle habitait ma ville. Nous avions une amie en commun. Je ne le savais pas.
Nous avons décidé de nous rencontrer le 1er Octobre 2005 dans de grands éclats de rire. Syl, elle ne fait que rire d'ailleurs, ça s'arrête jamais ou alors c'est intérieur ! Même quand on ne va pas bien on arrive à en sourire !!! Depuis nous ne nous quittons plus même si la vie et ses aléas ne nous ont pas laissées dans la même cité. Elle fait partie de la famille, "tata Syl"

Eric du blog "Fotovision": celui que j'ai de suite surnommé "ptit frère". Ca a fait sourire plus d'un blaireau qui ont cru à un plan drague niaisement déguisé.  Ca me fait encore sourire à l'heure qu'il est. Parce que 3 ans d'amitié ont aidé à passer de sacrées épreuves que la vie nous réserve. Et enfin ce week end la rencontre a eu lieu. Hello ma "gueule de loup", "l'homme du bosquet" mdrrrr et bienvenu au club des tontons !!!
  

par Lady Angel publié dans : Le Pastel de Nan
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Dimanche 8 juin 2008
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Cliquer sur les photos pour les agrandir
Merci de respecter le droit à l'image.
J'ai pris ces portraits d'enfance grâce à la gentillesse de la dame qui accompagnait cette petite fille.
Par respect pour elles, merci de ne pas les emprunter ni les copier.
Lady :-)






Premier beau jour de Juin. J'étais assise depuis peu sur mes tracas des derniers jours. Les fesses au vert, je regardais au loin comme on ne regarde nulle part, je cherchais un je ne sais quoi qui m'évade, qui m'envole.
L'herbe avait ce parfum des après midi où le bonheur s'approche tout près et où soudain on se sent léger sans avoir bien compris pourquoi.

Je crois que ça sentait bon l'enfance.





J'ai joué quelques instants avec la joie de cette fillette. La deviner si insouciante, si simplement heureuse dans son rôle de petite fille a mis sur mes tristesses un tout nouveau regard. Je me suis sentie bien trop adulte à m'emplir de tant d'inquiétudes.
Il me semblait que l'enfance n'était pourtant pas si loin, j'avais été assez crédule pour croire qu'elle ne m'avait échappée.
La petiote me l'a rappelée.


Elle cueillait pour sa maman des bouquets de Printemps, du rire en fleur et moi du coup, je me suis mise à sourire toute seule.





On est idiot nous les vieux ! On s'encombre de désirs convenus alors qu'il est si simple parfois de prendre le bonheur à bouts de bras. La môme le tenait dans ses ptites pognes, elle en voyait partout elle du Bonheur alors que, niaisement, je passais parfois des heures à pleurer sur celui qui me manquait.

Puis elle s'est mise à rire. A respirer ce bonheur, ne sachant pas qu'il venait d'elle...







Je l'ai appelée "Joy", ne sachant pas son prénom. D'un simple geste cette petite fille a fait fondre sur moi un soleil qui s'était éloigné.
J'ai retrouvé un brin d'enfance que j'avais égaré. Trop pressée de bosser, d'avancer, de me bousculer.

Je suis repartie avec un bouquet de joie dans la tête et des douceurs d'enfance qui dansaient dans mes yeux.



par Lady Angel publié dans : Le Pastel de Nan
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Lundi 2 juin 2008





Le Grand Bornand version papilles

Elle finit par craquer ! Sans regret, sans se louper, déterminée et sans fébrilité.
Ca faisait trop longtemps qu'elle passait devant sans s'arrêter, calant son oeil dans le coin le plus éloigné de ses papilles pour faire semblant de....et avoir malgré tout, tout à fait l'air...

Nan était gourmande, croqueuse de vie a son ordinaire certes. Mais là, c'était tout autre chose qu'elle revendiquait : le droit pour une fois de se faire vraiment plaisir. Une de ces joie royales qu'on retient parfois bien trop longtemps et qui nous grise quand on la réalise; qui nous grise... au point d'oublier tout ce qui nous entoure.
Une folie peut être..., sans doute.
Qu'importe.
Nan poussa la porte et entra, béate.

-" Vous désirez Madame?"

Ses yeux semblaient dire : "Tout !!! "

Elle sourit et songea au ptit plaisir qu'elle allait vivre, un poil égoïste, mais le partager ne l'aurait pas amoindri, du moment qu'elle conservait son gâteau !
Elle sourit, ferma les yeux devant la vendeuse médusée et pointa du doigt, au hasard en criant : "Celui- là !" et éclata de rire.
Elle ne fut pas la seule.
Son doigt pointait vers le seul petit four qu'il restait sur le plateau, minable et solitaire!

La prochaine fois elle viserait plus haut, la prochaine fois c'est sûr, elle n'avait pas dit son dernier mot...

Elle engloutit le minable et détala.
Il était l'heure de rentrer...


*******



Je vous passe la plume pour me raconter vos petites joies ainsi vécues que ce soit un grand bol d'air au détour d'une route sur laquelle vous ne vous arrêtez jamais, quelque chose que vous aviez envie de faire depuis longtemps, longtemps, une surprise à l'un des vôtres, un instant pour vous seul(e).... Ces lignes sont les vôtres...




par Lady Angel publié dans : Le Pastel de Nan
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Jeudi 29 mai 2008





Carte Postale chinée à Paname



Titouan me racontait souvent ce qui trottait dans sa tête lorsqu'il était gamin. Il se souvenait de détails incroyables et cela m'épatait toujours.
Sans doute parce qu'il regardait les choses avant de les vivre, pour s'en imprégner plus encore.
Il avait un tout petit visage autour de ses grands yeux, c'était plutôt surprenant. Au début, je le trouvais bizarre et je l'appelais "le Cyclope", tellement on ne voyait que ça. Oui, sauf que derrière ces grands yeux se cachait aussi un regard et je n'ai jamais trop su s'il plongeait dans le nôtre ou si c'était l'inverse. Tellement intense et...parlant sans doute.

Titouan n'était pas un grand bavard. Parfois, ça lui prenait, il partait en live et déballait ses mots comme s'il les avait sortis de ses poches; Il était très sérieux, stoïque. Puis d'un coup d'un seul éclatait de rire à s'en tordre les boyaux, à se rouler par terre même le bougre. Ah j'adorais quand il me racontait ça !

Assis sur la grosse valise Titouan était arrivé au pays le jour de ses neuf ans. Il avait attendu des heures durant que le majordome de la maison de Kerlen vint le chercher avec sa grosse voiture. Et pendant ce temps, Titouan avait rêvé, imaginé, échaffaudé. Titouan batissait l'avenir à la vitesse des jours écoulés, ni trop , ni trop peu. Ce ptit gars là savait où il allait.

Ses premiers pas sur le sol de Kermany lui avait indiqué le chemin : quand il vit la mer pour la première fois, Titouan y plongea toute son âme pour ne plus jamais l'en sortir; Et pour la regarder plus encore, ce jour là, en posant sa valise devant sa chambre, il décida que son nouveau rêve se réaliserait : il serait gardien de phare, il le savait, il en était sûr.
Pourquoi aurait il eu de si grands yeux si ce n'est pour y mettre la lumière?



*******

Le métier de gardien de phare varie considérablement selon le lieu où est bâti le phare. En France, les gardiens appellent les phares de haute mer les "enfers". Les "purgatoires" sont les phares installés sur une île. Les "paradis" désignent les phares situés sur le continent. En général, les gardiens débutaient leur carrière sur un "enfer", pour la finir dans un "paradis". Mais, certains d'entre eux ont préféré passer toute leur vie professionnelle sur des phares de haute mer, y compris sur le plus difficile d'entre eux :
Ar-Men.

Source Wikipédia
par Lady Angel publié dans : Le Pastel deTitouan
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Jeudi 29 mai 2008



Photo perso Lady Paris Mai 2008



Il s'est assis. Je venais tout juste de finir de rire avec une collègue.
J'étais en train de faire le pitre, comme toujours.
Ca n'aurait rien eu d'étonnant que je m'étale à côté de ma chaise d'ailleurs.
Pas eu le temps de me maquiller ce matin, mais je me disais qu'avec un bon sourire sur la goule, ça ferait bien plus d'effet qu'un peu trop de fard sur les pommettes.

J'avais le vent en poupe et la prose fleurie des jours de liesse. Prête à accueillir mes patients avec un max de peps qu'eux même n'ont malheureusement pas toujours.
Je pensais, comme bien souvent, au bonheur que m'apporte ce nouveau boulot et surtout la rencontre avec ces gens venus des quatre coins du monde (Taïwan, Equateur,Colombie, Chine,Islande, Philippines, Antilles,Baraïm, Arménie,Congo, Magrebh...etc....).

Parler est fabuleux, surtout quand je parviens à comprendre l'accent de tous et ce n'est pas gagné d'avance ! Mais quelle richesse pour peu qu'on s'intéresse aux autres, les gens ont des tas de choses à dire et n'attendent que ça.
Et c'est pour cela que j'étais en train de me dire que j'avais une sacrée chance de venir chaque matin bosser avec le sourire...


Et puis, il s'est assis. Et je n'ai plus vu que lui. Je savais,  je ne sais pas pourquoi, je savais qu'il viendrait à mon guichet et pas à un autre.
Je lui ai dit "bonjour" dans un large sourire, comme avec tous les autres. Sa voix était douce, aimable. Je n'ai même pas tremblé. Emue pourtant.

J'avais les mots, et la ritournelle de tous les jours "carte vitale, pièce d'identité, mutuelle" mais l'émotion en plus devant cet homme.
J'ai d'abord baissé les yeux. Puis...je me suis dit "Non, pourquoi? Pourquoi faire autrement. Reste la même justement. Justement là "

Il était assis. J'ai levé les yeux, j'ai souri sans compassion, avec plaisir pour que cet accueil, ce premier pas dans ce qu'il convient d'appeler "l'usine à malades" soit comme à chaque contact le meilleur possible. La maladie doit être au dessus de tout et surtout de nos humeurs.

Il m'a regardée à son tour et sa voix a souri. A ce moment là j'ai su qu'on se comprenait.

J'ai appris aussi qu'on pouvait sourire autrement qu'avec son visage, qu'il y avait toujours un moyen.
Ce matin là, la télé-réalité avait un affreux goût de chiottes. Les affaires multi médiatisées m'écoeuraient. Le voyeurisme encore plus.
Je souriais à un homme sans visage, défiguré au delà du supportable, mais j'avais une émotion énorme en moi, pas très différente des autres fois : Il m'avait rendu ce sourire comme il avait pu, c'était un ptit bonheur certes et une sacrée leçon de vie...
Il y a sur cette Terre de magnifiques personnes. Ne les gâchons pas par nos peurs ou notre indifférence. Et je reste convaincue qu'il y a tant de choses à se dire, à écouter de l'Autre...
La maladie fait parfois peur, c'est vrai, alors si un sourire peut en soulager un peu le poids...

J'avais la ritournelle dans la voix quand il s'est assis, alors j'ai continué à chanter...












par Lady Angel publié dans : Le Fusain de Nan
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Samedi 24 mai 2008





- " Enfin bon, ça va jamais tenir. Tu t'y prendrais pas mieux si tu souhaitais tout foutre par terre !"
- " T'as qu'à m'aider toi aussi au lieu de rester les bras croiser à gueuler !!!..."
- " Ben voyons, chaque fois c'est la même chose, si je mets pas la main à la patte on n'arrive à rien sur ce fichu raffiot ! T'es pas manchot que je sache?!"
- " ..."

Le Père Calloc'h était encore dans un de ses bons jours. La houle faisait tanguer la carlingue et le chalut semblait plus lourd que jamais à vider sur le pont.
Les cirés jaunes s'affairaient sur le bateau mais ça ne semblait jamais aller assez vite pour le vieil homme.
c'est qu'à la criée on ne l'attendrait pas et il fallait dropper pour être dans les premiers au port.

- " Cap'tain, on a une belle prise ! "
- " Fais-y voir un peu ! Diouuuuu ça va nous rapporter gros ça; Prends garde à ne pas l'âbimer!"

La bête fut mise de côté, sur le flanc. Les branchies lui battaient la tête alors que le père Calloc'h continuait de vider le filet; La maille lui cisaillait les doigts mais il ne bronchait pas. Il laissait mollement déferler sur ses bottes l'amas de poissons fraîchement péché et doucement un sourire vint se dessiner sur son visage de rustre.

Pour sûr on fêterait ça au port; un bon truc qui arrache à se mettre dans le gosier et le bon vieux payerait sa tournée. Ah on allait parler de lui à Kermany et il s'en réjouissait. Il bomba le torse un instant et scruta la terre.
On arrivait.
Il fallait faire vite.


*****
Plusieurs centaines de personnels concernés par le projet de réforme des ports autonomes ont commencé à former leur propre cortège jeudi matin à Marseille, pour rejoindre la manifestation contre la réforme des retraites qui devait démarrer un peu plus tard dans la matinée sur le Vieux-Port, a constaté un journaliste de l'AFP.

par Lady Angel publié dans : Le Stylet du Père Calloc'h
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