Le Calame de Nan Le Douannec

Mardi 1 septembre 2009 2 01 09 2009 10:58




Pour entrer dans l'histoire, clique sur la photo, c'est bluffant !



C'était sans doute les premières vraies vacances de Nan. La date, elle ne s'en souvenait plus. Pas plus que de son âge. Elle se souvenait juste qu'elle les avait comptés, 100, 500, 1000, ..., 1500. Ils n'avaient pourtant pas réussi à l'endormir. Au contraire, plus ils passaient devant elle, plus elle avait écarquillé les yeux pour s'en émerveiller. C'est que ça n'était pas tous les jours qu'elle croisait pareil troupeau.
Dans sa Bretagne natale, les bergers ne regroupaient autour d'eux que quelques dizaines de tête mais le vieux Job lui avait depuis longtemps conter l'aventure des montagnes et elle s'était promis qu'un jour...




Col du Sabot. Vaujany. Isère Aout 2009 Alt 2100m

Pour te promener encore recliques sur ces deux photos



Col du Sabot. Vaujany. Isère Aout 2009 Alt 2100m

Pour les voir il lui avait fallu grimper là haut, s'éreinter sur des hauteurs incroyables, apercevoir derrière le lac la tête couronnée de blanc du Grand Mont. Quelle merveille !  Le Mont Blanc !
Elle avait d'abord entendu le chien aboyer et n'avait rien vu. Puis les cloches ensuite l'avaient interpellée. Sur le sentier de la Cochette, elle avait accéléré le pas pour aller les voir, pour enfin les approcher comme s'il ne devait y en avoir qu'un. Là, dans l'alpage ils avaient surgi au creux de la montagne. Du regard elle avait balayé l'espace pour trouver le berger qui, à sa grande surprise, était une femme. Elle lui avait parlé, voulait savoir.
Elle avait alors deviné les mois passés à marcher dans l'alpage, à compter et recompter les bêtes, à dormir dans un abri de fortune, à admirer la beauté des lieux et puis demain encore, et puis après aussi...
Elle s'était dit "pourquoi pas moi?". Un tel espace, une telle évasion, un tel silence et les bêtes au milieu.


*******

A Savoir:  En Angleterre quand on suit bêtement ce que font les autres, on ne dit pas se comporter comme un "mouton de Panurge" mais... se conduire comme un lemming. A tondre ça va être moins facile c'est certain !!!!



Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec
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Mercredi 26 août 2009 3 26 08 2009 20:03
Clique sur les photos pour les voir en grand format




La Vilette près Vaujany. Isère Août 2009


Nan s'était levée plus tôt que d'ordinaire. Comme à chaque15 Août qui avait déjà jalonné sa courte vie, la gamine était debout à l'heure où s'en vont paître les biques. L'air était vif mais on y sentait déjà les odeurs de bois brûlé qu'on avait mis au feu toute la nuit durant.
Sitôt la porte de sa masure refermée elle avait couru rejoindre les hommes dans ce réduit austère qu'ils appelaient pompeusement le "laboratoire". C'est là que sorties du gigantesque pétrin, les miches de pain allaient être mises en forme avant qu'on ne les emmène au four sur de grandes planches de bois.
Aujourd'hui était un jour exceptionnel. Non pas dans le fait que tout un chacun s'improvise boulanger, mais parce que pardi, c'était surtout son anniversaire. Nan aimait cette effervescence qu'elle prenait pour elle secrètement. Elle aimait que ce jour là soit un jour de fête et elle mis la main à la pâte avec une énergie incroyable.




La Vilette près Vaujany. Isère Août 2009

Une cinquantaine de boules de seigle s'alignaient sur les étals de bois lorqu'elle décida de remonter près du four. On avait depuis quelques heures retiré les braises encore rouges et on aurait cru la pierre endormie s'il n'avait fait si chaud près de la voûte. Le four garderait ainsi sa chaleur encore longtemps après la cuisosn du pain, et les femmes du village viendraient y faire mijoter qui un gratin, qui une tarte bien après que les derniers pains soient sortis.

Elle regarda le boulanger rentrer les boules les unes après les autres, les mettre en bonne place et refermer le four. Elle eut le sentiment que l'attente n'en finissait pas et que le pain, son pain serait trop cuit, forcément trop cuit puisque ça prenait tellement de temps.




La Vilette près Vaujany. Isère Août 2009

Lorsqu'enfin elle eu de nouveau le droit d'entrer dans la four, ce fut pour écarquiller tant les narines que les yeux devant le spectacle. La paline s'étendait comme une main immense pour aller chercher les pains dans le ventre chaud de la pierre. Elle devinait la saveur, le croustillant et le plaisir qui se dégagerait de chaque miche.



La Vilette près Vaujany. Isère Août 2009


Il faudrait cependant attendre encore un peu, car si ce cadeau de mie se gardait près de deux mois comme un savoureux cadeau, sa dégustation ne serait parfaite qu'au lendemain de sa cuisson. Nan ne tiendrait pas jusque là.
Furtivement elle chaparda une miche qu'elle enfouit dans son tablier.
Elle partit un peu trop précipitamment pour qu'on ne le remarque pas. D'autant qu'à chaque 15 Août qui avait déjà jalonné sa courte vie, chacun ici savait qu'elle passait une grande partie de la journée, cachée, à dévorer son larcin...

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Je me suis demandée d'où venait l'expression "Four Banal". Elle date en fait du Moyen Age . Selon Wikipédia, les banalités sont, dans le système féodal, des installations techniques que le seigneur est dans l'obligation d'entretenir et mettre à disposition de tout habitant de la seigneurie. La contrepartie en est que les habitants de cette seigneurie ne peuvent utiliser que ces installations seigneuriales, payantes. Ce sont donc des monopoles technologiques.

Les principales banalités sont :

  • le four banal
  • le moulin banal
  • le pressoir banal
  • le marché aux vins

Un autre droit seigneurial était la banalité de tor et ver, donnant au seigneur seul le droit de posséder un taureau ou un verrat. Ainsi la reproduction du bétail pouvait aussi être sujette à redevance.

Ces privilèges, théoriquement abolis le 5 aout 1789, ne le seront effectivement qu'en 1793.



Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec
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Dimanche 2 août 2009 7 02 08 2009 20:22
Parce qu'à Kermany, aussi imaginaire que soit ce lopin de terre bretonne, il est de bon ton d'avoir une bonne table, je vous confie ce soir "la recette de la coiffe", la verrine du chef si vous préférez.
A déguster sans modération.

Ingrédients pour 4 grosses verrines (verre à Martini): à préparer 1/4 d'h avant de servir pour conserver le chaud/fro

1 génoise
1 pot de crème dessert vanille
1 poire sucrée
1 pomme Jonagored
1 banane
1 flacon de nappage caramel
vanille liquide
chocolat en poudre



A l'aide d'un "blida" (petite verre à champagne) découper 8 ronds de génoise. En mettre 1 dans le fond de chaque verre.
Recouvrir généreusement de crème dessert. Recouvrir d'un nouveau petit rond de génoise. Réserver au réfrigérateur.
Dans une casserole non adhésive, couper en morceaux la pomme et la poire épluchées et la banane. Versez un tout petit peu d'eau pour éviter que les fruits ne collent au fond du récipient. Mélanger. Verser sur le tout 1c. à café de vanille liquide. Les fruits doivent être cuits mais non réduits en compote. Verser dans une assiette creuse et mettre de suite au réfrigérateur.



Ne sortir qu'au moment de servir. Les fruits doivent être encore tièdes et la crème bien froide. Mettre les fruits sur le rond de génoise.
Napper d'un filet de caramel liquide.



Saupoudrer de chocolat en poudre et déguster de suite...


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Proverbe Kermanay :

"Si tu n'as pas d'idée pour composer ton repas, ne te laisse pas abattre: Mange. L'estomac t'indiquera le chemin et fera le tri lui-même..."

Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec
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Lundi 8 juin 2009 1 08 06 2009 20:39
Hier :



clique sur l'image pour avoir l'odeur
Rochefort en Terre (Morbihan Mai 2009)

Nan en était sûre, elle n'avait jamais senti cette odeur là ailleurs. Ce matin là il régnait des odeurs de gâteau jusque dans sa propre cuisine. C'est qu'il avait du se lever sacrément tôt Yannick ce jour là pour aller taquiner la paline. Les belles encore fumantes craquaient dans le panier et les premiers kouign-aman se doraient la pilulle sous leur carcan de verre.
Elle avait failli craquer. Elle avait failli s'arrêter pour plus qu'un sourire et sortir quelques pièces de son sac en échange d'un de ces régals.  C'est que Yannick avait la manière. Il vous callait en un tour de main son petit précieux dans la pogne, vous enfournait dans le gosier autant de bouchées sucrées qu'il le pouvait et vous taquinait l'ouïe autant que les papilles avec forces cabrioles, disocurs redondants et morceaux choisis.
C'était sur la grand place en face de la maison de la Galurette.
Il venait de repeindre sa façade, Nan venait de voir éclore ses premières roses et la brume de Bretagne naissait derrière les volets.



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Aujourd'hui :

Je ne sais pas ce qui m'a pris. Certainement la fringale ou un rêve un peu trop fougueux qui m'a virée hors du lit mais je me suis retrouvée, sitôt levée, debout et non affalée devant le premier café qui passe. Plus halluciant encore, j'avais à peine engrangé une once de sommeil que je me sentais ragaillardie pour recommencer. C'est que la soirée avait été un peu allongée sur le matin et que les paupières étaient un peu traînantes. Plus de notre âge tout ça, même presque assoupies devant un karaoké d'un autre âge. 
J'avais décidé ce matin là de faire plaisir à ma cop plus endormie que moi dans le lit du loupiot. Les hommes étaient partis pour le week end se dégourdir les guibolles sur le synthétique et  à défaut de ballon rond j'entendais bien jongler avec une tite gourmandise de mon cru. 
Le look un peu défraichi je me suis mise en quête d'une boulange pas trop éloignée du bercail pour faire plaisir sans trop en faire non plus. Faudrait pas voir à courir la ville pendant que d'autres auraient pu le faire à ma place et roupillent de tout leur saoul la panse bien rebondie -pas ma faute si certains se sentent visés, je n'ai cité personne!-
Lors donc, fraîchement bardée de la meilleure volonté qui soit- si si-, je sors le blase dehors pour tâter l'atmosphère. Et si celle du dedans est encore moite, celle du dehors n'est guère plus attrayante. Fait frisquet dans ce satané pays de craie et je me demande bien quel blaireau aurait l'idée saugrenue de mettre le nez dehors avec un temps pareil. Il n'y en a qu'un semble t'il et mon anorak l'entoure. Ouai, n'en déplaise à mon coach, j'ai claqué l'anorak pour les premiers jours de juin. Ca me redonne une ambiance de couette, ridicule certes mais en même temps comme le blaireau voyage souvent seul, peu de chance qu'on me remarque !
La tenue se complète par le premier truc chipé dans l'armoire : le seul jeans qui traîne jusqu'au sol et que j'enfile sans talons pour une fois...
Ca drache dehors et j'arrache sauvagement du garage le premier parapluie...cassé qui passe par là. Je vais à petits pas , légère et court vêtue, ayant mis ce jour là pour me rendre à la ville, cotillons simples et souliers plats... Oui, sauf que passés les premiers jardins que je découvre, la pluie redouble; et que la course qui pouvait être une promenade de mise en forme prend soudain l'allure d'une course d'endurance. Le croissant se fait désirer. Les stores sont baissés et la première boulange me passe sous le museau. M...e ! Je pense à la seconde, ça me balladera. Je patauge dans la mouise: elle est closed. c'est pas vrai, je ne vais pas devoir aller là-bas? ???? Ben si ma grande. Tu vas balader ta blaireauterie jusqu'à la prochaine et à pinces en plus, voir la pluie tomber maintenant à verses, ouvrir ton parapluie de blaireau confirmé et affirmé la panoplie; parce que ça y est le "pébroque" a rendu l'âme et pend sur le côté comme une voile déchirée. L'eau attaque par le bas et remonte le long du jeans jusqu'aux genoux, je suis un blaireau humide !
Et dire que j'ai une machine à pains, et dire qu'elle va peut être se réveiller à midi, et dire que je ne sors jamais le dimanche matin chercher du pain... je laisse les autres le faire! Je sers mon petit sac contre moi. L'a intérêt à les bouffer ses pains au chocolat, l'a intérêt à les savourer les tartines et à pas me réclamer des croissants au beurre. Je livre en string les gourmandises à madame qui ouvre un oeil réclacitrant. Le jeans est resté dans le sous sol à sécher. Manquerait plus qu'elle ait pris sa bagnole pour aller au pain pendant tout ce temps, manquerait plus que ça....

Je l'entends qui ronfle, c'est bon signe... Les croissants auront le temps de sécher !






Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec
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Lundi 1 juin 2009 1 01 06 2009 21:33


Clique sur l'image pour y être


Ca faisait un bail qu'elle n'y avait pas mis les pieds. Par négligence. Le vieux vélo était resté collé au mur de la grange et elle ne l'avait pas bougé depuis des mois.
Elle avait découvert cet endroit un jour de mai alors que la Galurette l'avait entraînée dans un de ses périples.
Elles étaient parties à l'aube et avait passé les premières lumières de Saint Gildas avant que le soleil ne passe la cime des arbres. Elles s'étaient amusées à allonger le pas pour voir laquelle des deux marcheraient la plus vite. La Galurette était fripée, certes, mais elle avait la guibolle encore leste et ne s'en était pas laissé conter sur la jeunesse de Nan. 
Elle avait piqué la dernière épingle dans sa coiffe et réajusté le noeud de son grand tablier noir avant de lancer à la gamine : "Ti viens ti la môme?"
Elle avait le profil taillé aux embruns et le sourire timide, la vieille, mais Nan savait l'émouvoir avec son rire de grande gosse.
La Galurette l'avait menée sur le chemin côtier à l'heure où la lande n'est pas encore rosée. Le froid du large lui faisait rentrer le cou dans les épaules et resserer le châle sur ses épaules. Elle lui avait montré Belle-Ile au loin et le phare de Ter-Men. Un petit point au loin que Nan voyait à peine. Elle avait dit "oui" pour ne pas vexer la vieille mais n'y avait rien vu. 
La brume enveloppait  la côté et l'herbe humide dormait pour quelques heures encore sur les flancs des falaises. Nan regardait au loin, comme tant de femmes venues ici. 
La Galurette lui raconta combien on prêtait à cette baie des légendes insensées. Combien de femmes, meurtries par des années d'attente avaient sombré dans la folie croyant au matin entendre au son des flots et des rafales la voix de leur défunt mari appelant au secours. Elles en voulaient aux calfats qui devaient veiller à la coque, aux vents d'Ouest malfaisants qui vous brisaient la mature. Elles en voulaient au capitaine qu'avait fait embarquer leur marmot, le dernier, le préféré, celui qu'aurait pas du mourir.
On disait qu'elles revenaient là, guettant l'ombre de la grand'hune et qu'elles se jetaient à l'eau quand le vent hurlait dans la nuit.
Ca faisait un bail qu'elle n'y avait pas mis les pieds. Un peu par négligence et beaucoup par superstition. Les croyances des autres faisaient sa propre crainte. Titouan ne serait pas marin, son bâtiment c'était son phare, elle y croyait dur comme fer, elle y croyait vraiment...
Le jour se levait sur Kermany, Nan s'allongea aux côtés de la Galurette. Les mains derrière la tête elle contempla le ciel. Non, il ne serait pas marin ...enfin pas tout à fait...
 

*******

Le métier du Calfat conciste à filer un cordon régulier d'étoupes qu'il refoulera à l'aide de son outil entre les lattes de bois de la coque (= coutures) pour en assurer la totale obturation.
Photo prise dans le Morbihan en Mai 2009 :"Presquîle de Rhuys"

Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec
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Vendredi 24 avril 2009 5 24 04 2009 21:33


Nan avait toujours affiché un réel engouement pour les fenêtres.
Où qu'elle aille, elle avait l'oeil filant et toujours aux aguets pour aller se faufiler derrière quelques rideaux ou quelques bosquets.
Elle s'imaginait volontiers la petite vieille assise au coin du feu, tournant la soupe du soir au fond de sa marmite.
Elle voyait tout autant l'alcôve des couples en amour , elle devinait sous la lumière tamisée de l'écrivain la page du roman ou la lettre froissée de l'homme brisé ou passionné.
Sensiblement elle simiscait au coeur de chaque foyer en une fraction de seconde, d'un regard jeté de l'autre côté de la vitre close.
Il lui était évident que derrière se dévoilerait l'identité de l'occupant, qu'un rideau ou une parure en disait parfois plus long qu'une parole.
Elle détestait par dessus tout les volets clos qui l'effrayaient.
Elle se plaisait à apercevoir un jardin, un bouquet sur une table, un chat derrière les carreaux ou un regard en répondant.
Nan était curieuse des autres, avide de les découvrir et Kermany regorgeait de ces petits secrets cachés au coeur des maisons.

*******

Et toi l'ami, ne t'es tu jamais demandé ce que révélait une façade, un décor à la fenêtre? Derrière les carreaux sales peut on imaginer autre chose qu'n vieux assis dans sa crasse et désespéremment triste?
Penses-y, tu verras que toi même tu as déjà voyagé chez autrui. Et peut être percevras tu tes futurs voyages encore plus palpitants, sans indiscrétion bien sûr mais juste avec cette pointe de curiosité qui t'invite à pousser la porte de tout un chacun sans pourtant lui dérober son intimité...

Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec - Communauté : Chroniques du temps présent
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Samedi 21 mars 2009 6 21 03 2009 06:00







Centaurée, ceanothe, lilas, ancolies, jacinthes, azalées, roses trémières, caryoptéris, penstemon et autres delphinium, renoncules, cosmos, lavatères, lupins, muguet, jasmin et marguerites, lavandes, rhododendrons et hortensias, dahlias, coeur de marie et narcisses... chaque année c'était le même rituel, le même ballet autour des bêches, des binettes et des rateaux.
Nan était férue de nature. Férue comme si elle était elle-même une plante.
Elle trouvait toujours un nouveau "truc" à planter dans ce jardin pourtant minuscule. Et pire pour Titouan, elle trouvait toujours de la place, là où lui n'en pouvait déjà plus de voir des fleurs !
Mais il aimait ça au fond. Oui, il aimait la voir s'enjouer pour ces petites saveurs parfumées; et il n'était pas rare de le voir à son tour courber le dos pour embrasser la terre et la cajoler comme elle même le faisait.
Il s'improvisait jardinier pour quelques heures de bonheur supplémentaires auprès de sa belle et plantait, béchait, qui d'une mauvaise herbe, qui d'une graine ou d'une racine...

Nan rayonnait comme à chaque Printemps, déjà tellement impatiente de voir le résultat...

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Anémones, rosiers et passiflore, seringat, belles de jours et ipomées...elle en avait plein la tête et lançait des pétales de rire bien avant la saison... à chaque matin.


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Lundi 2 mars 2009 1 02 03 2009 21:01




Sur Kermany plane une vieille légende :  

On dit qu'à chaque premier quartier de lune on voit le jour se lever de nouvelle manière.
On dit aussi que ce jour là les choses qu'on croyait immuables prennent un tour différent.
C'est ainsi qu'on voit ces matins là, les goelands flâner le long du quai en s'attardant comme des poules
sur chaque lopin de terre.
On dit que ces matins là, ces grands oiseaux de mer ne savant plus voler. Du moins ne le font-ils pas.
On dit que ces matins là, il en va de même des hommes. Que ceux qui riaient de tout redeviennent un temps sérieux et que les écrivains se mettent en silence...
On dit aussi que, peut être ces matins là chacun échange son rôle avec l'autre. Que le goeland prête sa plume et cherche à devenir homme quand l'humain lui voudrait voler..... Voler et lui emprunter ses ailes.
Et ne plus écrire...
Certains soirs j'entre dans cette légende. Je me surprends à vouloir davantage voler qu'écrire.
Mais je ne suis pas goéland, l'appel du large vient du dedans et non du dehors et voler pour moi c'est plâner au dessus de l'univers des mots... de façon immuable.

On dit de cette légende que lorsqu'elle touche un Homme, il se sent pousser des ailes. Peut être suffit-il d'y croire...
A chacun sa plume, parfois le goéland se demande lui aussi s'il ne serait pas moins fatiguant de marcher...quand l'Homme lui voudrait voler.

*******
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Samedi 21 février 2009 6 21 02 2009 22:08
Chroniques du Temps Jadis



Quelques degrès en dessous de zéro. Un froid à ne pas mettre le nez dehors ni d'ailleurs tout ce qui pouvait l'entourer.
Nan venait de remettre une bûche dans l'âtre et entendait bien se lover dans un coin de la pièce pour simplement ne rien faire. Envie de tout et de rien à la fois et une certitude cependant : ça lui importait peu.
Titouan ne rentrerait pas ce soir, elle avait du temps devant elle... Du temps à n'en savoir que faire.
Elle ferma un instant les yeux et crut s'endormir.
Un souffle d'air frais envahit soudain la pièce. Gwerelaouen se tenait dans l'encablure de la porte, les gants dans une main et le bonnet dans l'autre; il dut attendre avant de lancer : "Tu viens avec nous?" d'une voix enjouée que Nan connaissait bien.
Celle de l'enfance à laquelle elle tentait parfois d'échapper doucement et qui la rapellait toujours à elle. Celle de l'enfance qui ne cessait jamais de croquer la vie de toutes ses dents et qui accessoirement venait même lui emprunter les siennes.
"Bon alors , tu viens?"
Gwerelaouen et son sourire. Les joues écarlates, baignées de froid, de neige et de glace.
Nan n'hésita pas. Elle referma les yeux pour s'endormir. Au diable l'enfance...
Nan n'hésita pas. Elle sursauta, se mit à rire d'avoir voulu se mentir à elle-même. Elle en avait assez de jouer les adultes.
Elle enroula son cou dans une écharpe, cala un vieux bonnet sur ses cheveux et s'engouffra dans son manteau.
L'enfance n'attendait pas, il fallait la croquer à point, ça n'en était que meilleur.
Elle patinerait comme elle pourrait....

*******

Ne pas résister à tous ces ptits bonheurs qui nous gardent de vieillir bien avant l'âge !







Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec - Communauté : Chroniques du temps présent
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Jeudi 29 janvier 2009 4 29 01 2009 14:12
 Elle venait de là-bas. Elle venait de si loin qu'on ne s'imaginait pas ça possible.
Elle amenait dans sa valoche une bonne partie de son pays, des souvenirs, des fragments de vie. Je doutais qu'il resta de la place pour y caser un ptit bout des nôtres ... et pourtant.
Elle venait de là-bas et entre deux instants elle a tout bousculé de nos émotions. Elle venait de si loin qu'on ne s'imaginait pas qu'un jour on aurait les bras assez grands pour la tenir serrée.
Elle amenait dans sa valoche une bonne partie d'elle-même, un max de sourires et un humour dont on rit encore en secret.
Nous, on l'attendait avec une dose d'amitié mijotée depuis 3 ans. On ne savait pas comment sauter, comment rire, comment parler quand elle arriverait...
Alors elle a sorti ses secrets : des bras immenses et le regard qui va avec, des éclats de rire et de voix qui sentaient bons le soleil ,.... sa ptite bibine de rhum et ses citrons verts, son sucre de canne et son savoir faire et la chaleur des Antilles a rempli la pièce.

Christine, ma doudou avait fait le voyage. Elle avait ce jour-là poussé la porte de notre petit home pour se sentir faire partie de la famille.
Nous n'étions plus une famille qui accueille ses amis(es). Nous étions une petite troupe unie autour de la table, avec une bonne humeur à s'en faire péter la glotte de rire, comme si l'on avait toujours vécu de ces moments là.

Elle venait de Martinique pour mettre un visage enfin sur une amitié de cristal. Les vrais liens se sont tissés ce jour là.
Christine, puissent les nombreux bloggeurs qui te connaissent profiter eux aussi de cette si belle amitié qu'offre une rencontre avec toi...





Avec l'aimable autorisation de Syl

*******

A ceux qui hésitent encore. Après quasi 4 ans passés sur le blog les rencontres se tissent petit à petit avec encore plus d'envie. 2009 sera pour moi l'année de superbes rencontres. Ma maison, ma famille, mes 3 hommes s'enrichissent de ces échanges entre blogopotes de toutes contrées qui poussent la porte de chez nous pour des instants très souvent sublimes et toujours inoubliables.
Alors si vous voulez vous assurer une bonne tranche de rire et une sacrée tranche de vie, n'hésitez pas vous non plus à passer de l'autre côté du miroir, je suis sûre qu'on vous y attend....
Dragonne, Adu, Francoise, Francky , Jojo et ceux et celles  à venir.... la porte vous est grande ouverte.
Lady:-)

Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec - Communauté : Chroniques du temps présent
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  • : Dans "Ecritoire" il y a le mot Ecrire certes. Mais il y a aussi les mots "Histoire","Mémoire"et juste en lueur le mot "Espoir". Que ce blog soit les trois réunis pour vous conter des épopées de vies, des brêves d'émotions qui furent les leurs, les miennes et peut être les vôtres. Un partage de mots, d'images, de ressenti et d'imagination qui se promène entre hier et demain, sous une plume guidée à l'émotion de l'instant présent. Du rire aux larmes, je vous souhaite bonne lecture. N'arrach
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