Doisneau, Willy Ronis et...moi

Publié le par Lady Angel



Hier




La nouvelle venait de tomber. L'oreille collée au vieux poste je venais de faire un bond sur ma chaise et mes talons avaient claqué sur le carrelage de la masure. Il allait falloir faire vite avant le lever du père parce qu'ils annonçaient une vraie "drache" comme on en faisait que chez nous. De la pluie, de la vraie qui vous trempe jusqu'aux os sans détour, comme s'il n'y avait que vous qui étiez visé.
Le vieux allait se lever avec sa bougonerie habituelle et si le pain n'était pas sur la table, je prendrais une bonne taloche pour commencer la journée; si en plus je faisais bouillir le café, s'en serait fini de moi et je n'aurais plus qu'à me faire oublier.
Je saisis donc mon biclou et fonçai à plus vive allure que les nuages déjà grondant au dessus de ma tête. Fallait pas qu'il soit levé, fallait pas! Fallait pas qu'il pleuve non plus!
Les premières gouttes affleuraient sur mon chandail et je me demandais bien quelle allure aurait mon pain en arrivant sur la table. J'étais déjà sur le chemin du retour quand l'orage nous dégringola dessus. Il arriva en trombe le fourbe pour me surprendre dans ma course folle.
Ah non, je m'étais donné trop de mal quand toute la maisonnée dormait encore. Ce ne serait pas juste !
J'enfonçais ma baguette dans le seul abri que je lui trouvai et remis un coup de pédale.
Non , le père ne serait pas levé, j'irais plus vite que son réveil, foi de moi, j'y arriverais...

Prince Mousquet

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Proverbe Kermanais :

"Si tu n'es pas muni de parapluie quand tu vas au pain, prends des croissants. tu auras toujours la tête mouillée mais ne seras pas sorti pour rien..."  A méditer en selle...

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J'ai du mal avec la modernité. Le goût d'un chocolat sitôt chauffé dnas le micro ondes ne vaudra jamais celui qui mijote dans la marmite de fer blanc posée sur le grand feu de bois. Les céréales même les meilleures ne détrônent pas le croquant d'une tartine fraichement beurrée trempée dans le breuvage de notre choix. Et quand en plus on s'est levé pour m'accorder ce plaisir là, ah là, ça prend une saveur supplémentaire...




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sieglind la dragonne 07/09/2009 10:11

Biclou... v'là un mot que je n'avais entendu depuis longtemps... J'ai du mal aussi avec la modernité... pas pour autant qu'on me traite d'antiquité (du moins pas de face hé, hé, dans le dos... joker !)
Mine de rien, les courses pour aller au pain (ou au lait) je préférais à vélo, à pattes, j'avais trop de temps pour le boulotter avant d'être revenue au bercail.

sylvie 08/08/2009 01:15

bonjour jolie texte je reviendrais car je connais le chemin du retour amtié sincèe sylvie

Fancri 24/07/2009 09:33

Bonnes vacances! merci de me donner des nouvelles de la Carte!
Pense à faire une photo quand tu la remettras à quelqu'un!
Tu as tout le temps! Ptitsa l'a gardée un hiver lol
Bonne journée!
Bises de Fancri.

le Pierrot 24/07/2009 06:12

Sympa ce texte, j'aime bien...bonne journée...

lastirokoi 17/07/2009 23:37

Genial ce texte...

Cela m emmene vers mon enfance...

des souvenirs de pluies et d orages... des souvenirs de rentrées des classes en septembre ou la rue de l ecole étaient couvertes des parapluies des mamans qui venaient chercher les gamins... à 4 heures et demi.

Bizarre je suis maintenant toujours en voiture pour aller d un point a un autre de chez moi au travil et inversement et j ai l impression qu il ne pleut plus autant qu avant . idem avec la chaleu avec la clim pas de souvenir recent de canicule... j'etais au bord de la mer il y a deux ou trois ans et pas de souvenirs du drame qui a sevit sutr paris...

ce texte m a ramene loin derrière...

Bonne soirée


bisous à toi hugh

L.Irokoi

ps j ai vu il y a 2 ans une expo splendide à Paris sur Ronnis: ces photos d'ouvriers en greve sont absolument gueulantes de verité...