Le Chemin des Veuves (Kermany)

Publié le par Lady Angel





Nan était "moulue" de fatigue. Complètement vidée par une journée de travail harassante et elle entendait bien profiter des quelques heures de quiétude qu'il y avait devant elle avant le retour des hommes pour... ne rien faire.
Un plaisir auquel elle s'adonnait peu, frêle petite bonne femme toujours agitée.
Mais là ce soir elle avait décidé de caresser le soleil comme ces jours de chaleur qu'on attend après la pluie.
Elle prit sa vieille monture à roulettes et gagna aussi vite qu'elle le put la côte de Kermany. Le village se tenait au bord de la mer mais passer par "le chemin des veuves" comme ils l'appelaient -en hommage aux femmes dont le mari ne revenait jamais des virées marines- c'était gagné en dépaysement et tranquilité.
Aussi décida t'elle de longer la ferme des Keryadec et de couper au travers la prairie du père Calloc'h. Ca sentirait la bouse sur ses pneus mais qu'importe, elle serait si bien sous l'acacia...

Elle étala la couverture dans l'herbe chaude et s'allongea de tout son long. Sa grande jupe s'ouvrit comme un éventail et dégagea la blancheur de ses cuisses. Le vent souleva son chemisier de dentelle et l'air frais sur sa poitrine lui mit le coeur en liesse.
Longtemps elle regarda les branches bouger au-dessus d'elle. Puis elle baissa les paupières sur une envie, sur un désir. Elle se déshabilla. De nouveau elle se coucha sur la couverture de laine. Comme on se couche dans un lit qu'on ouvre sur le plaisir. Elle ferma les yeux et pensa à Titouan.
C'était là qu'hier encore il lui avait dit combien elle le rendait heureux. Il la serrait si fort qu'elle en chavirait. Ils riaient si fort, si fort.
Elle se roula en boule sur le côté, étouffa un sanglot. Elle ressemblait à un petit oiseau blessé.
Elle était si belle pourtant, même s'il ne la voyait pas.
Elle se ressaisit; Frissona sous la caresse d'Eole. Ca n'était pas celle de Titouan. Sa grande main lui manquait tant.
Elle bascula la tête en arrière et glissa ses mains entre ses jambes. Ce soir, sous le grand acacia, Titouan lui ferait l'amour en secret. Il serait de vent, de soleil et de chaleur sur sa peau et Nan s'enivrerait de ses retrouvailles amoureuses.
Elle s'encanaillerait de ses premiers baisers, de cheveux fous perdus sur son visage; et elle lui crierait combien elle l'aime combien chaque absence était toujours trop longue, toujours de trop.

Nan fut en retard pour le retour des hommes...


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Adûnä Faël 15/09/2008 14:24

Ah ben mince alors, il est où ce chemin des veuves, j'irai bien y faire un tour, histoire de me dépayser le fantasme, hi hi !!!
Gros bisous, Adû

Sylviane 12/09/2008 05:03

Hé hé, je m'attendais à voir le rond point de la Pum pour un bon fou rire ce matin mais non... ce soir peut être ?
Gros bisous ma puce et bonne journée, Syl

sieglind la dragonne 11/09/2008 07:18

Nan est "sextoy" aussi ? Désole... j'suis indécrottable hé, hé;.. Bécots ma belle (ce sont les hommes qui ont attendu notre retour à fistonne et à moi hier soir... pour une fois...)

Sylviane 09/09/2008 20:53

Sublime comme d'habitude... même si on ose à peine déranger Nan par un commentaire, dans ces retrouvailles amoureuses...
Gros bisous ma puce et douce soirée, Syl