Samedi 21 mars 2009







Centaurée, ceanothe, lilas, ancolies, jacinthes, azalées, roses trémières, caryoptéris, penstemon et autres delphinium, renoncules, cosmos, lavatères, lupins, muguet, jasmin et marguerites, lavandes, rhododendrons et hortensias, dahlias, coeur de marie et narcisses... chaque année c'était le même rituel, le même ballet autour des bêches, des binettes et des rateaux.
Nan était férue de nature. Férue comme si elle était elle-même une plante.
Elle trouvait toujours un nouveau "truc" à planter dans ce jardin pourtant minuscule. Et pire pour Titouan, elle trouvait toujours de la place, là où lui n'en pouvait déjà plus de voir des fleurs !
Mais il aimait ça au fond. Oui, il aimait la voir s'enjouer pour ces petites saveurs parfumées; et il n'était pas rare de le voir à son tour courber le dos pour embrasser la terre et la cajoler comme elle même le faisait.
Il s'improvisait jardinier pour quelques heures de bonheur supplémentaires auprès de sa belle et plantait, béchait, qui d'une mauvaise herbe, qui d'une graine ou d'une racine...

Nan rayonnait comme à chaque Printemps, déjà tellement impatiente de voir le résultat...

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Anémones, rosiers et passiflore, seringat, belles de jours et ipomées...elle en avait plein la tête et lançait des pétales de rire bien avant la saison... à chaque matin.


Par Lady Angel - Publié dans : Le Calame de Nan Le Douannec - Communauté : Chroniques du temps présent
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Mercredi 18 mars 2009


"Je ne te laisserai pas tomber. Jamais. T'es bien trop petit. Tu tiens à peine dans mes mains. Regarde. Je veux que tu vives moi. Oui. Et t'as même intérêt à te battre ! "









Nan regarda Gwerelaouen et fut émue. Il avait installé dans le creux d'un vieux palmier, son hôte d'un soir. Du dos de la main, il le caressait sans relâche, le protégeait, lui parlait et s'assurait de son confort.
Inconditionnellement il s'était attaché à ce minuscule bout de plume tombé au sol. Dés lors il ne l'avait plus quitté.
Avec ses camarades de jeux, il lui avait refait un nid de feuilles et de brindilles qu'ils avaient recouvert de coton.
Dans un bouchon il lui avait donné de l'eau et avaient demandé à Nan ce qu'elle pourrait trouver pour qu'il mange.
Elle s'était souvenu et avait trempé de la mie de pain dans du lait que les enfants donneraient du bout d'une brindille dans le bec du petit blessé affamé.
Les enfants étaient aux anges. Il mangeait. Leurs yeux ébahis mettait une joie intense dans le regard des adultes. Ils étaient tellement convaincus qu'il vivrait que chacun voulait y croire aussi.
Ils avaient foi en ce qu'ils faisaient : tout pour qu'il vive. Alors ça devait marcher !!!! Les enfants pensaient que la vie allait ainsi...

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Au matin le ptit piaf ne battait même plus de l'aile. Nan consola Gwerelaouen en lui expliquant que l'essentiel c'était bien que eux, les enfants, aient tout fait malgré tout sans jamais douter que ça puisse réussir...


Par Lady Angel - Publié dans : Les Pastels de Gweralaouen
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Samedi 14 mars 2009



 A Titouan,


"Ce Berceau de Tendresse où j'égare mes pensées.
Il est des soirs p'tit ange où j'aime à t'y trouver, à simplement t'imaginer.
Des soirs où mon ventre trop vide frémit de ta présence, des soirs où tellement d'amour
te ferait naître encore, des soirs où je te serre, où je te serre si fort...

Ce Berceau de Tendresse où j'égare mes pensées
Il est des soirs p'tit ange où c'est le coeur d'un homme, où c'est l'amour d'un père
Un être qui m'aime si fort qu'à l'étroit dans mon corps il a besoin du tien
Pour loger avec foi, pour loger avec force, un lien "indénouable".

Ce Berceau de Tendresse, je ne sais s'il est Toi, je ne sais s'il est Nous
Qui est le nid de l'autre, qui est le plus aimé.
Je te serre, je te serre à tant te désirer
Dans un soupir d'extase... qui berce mon rêve secret "

Nan

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Nan femme, Nan aimante, Nan maman, secret désir...
Porcelaine endormie sur les Ramblas de Barcelone.


Par Lady Angel - Publié dans : Le Pastel de Nan
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Dimanche 8 mars 2009

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Le Père Calloc'h le disait :

"Les années à treize lunes sont pourries !" Il croyait dur comme fer à ce vieil adage qui avait réglé toute sa vie d'agriculteur. Dans sa campagne, on plantait selon les caprices de l'astre et maudit soi celui qui dérogeait à la règle. Il n'aurait pas à se plaindre en voyant ses cultures si menues.
Mais l'année des treize lunes, l'homme n'avait semble-t'il aucun pouvoir sur la nature. L'été serait pourri et il n'y aurait que la fatalité du cycle pour se consoler.
Il le savait le Père Calloc'h.
Ca faisait rire Nan de l'entendre raconter sur le sujet. Il n'avait de connaissance scinetifique que le fait de savoir qu'une graine dans la terre donnerait avec un tant soit peu de lumière une pousse qui grandirait. Ca se résumait à cela pour une grande partie de la population de Kermany.
Mais comme lui était un des plus anciens, on lui prêtait une oreille attentive à chaque changement de lune.
Et il aimait ça. Il aimait se sentir important ces jours là avec une pointe d'orgueil qu'il avait peine à dissimuler.
Il partait dans de grands discours sur ces années noires qui ponctuaient le temps. Tous les trois ans disait-il ou peut être un an sur deux parfois. Il invoquait aussi la nouvelle lune dont il fallait se méfier tout autant que la pleine.
Si bien qu'au final chacun y perdait son latin et surtout ses quelques notions de jardinage bien ancrées.

En fait, et Nan en était convaincue, le Père Calloc'h était comme les autres. Un vieil homme superstitieux qui s'en remettait à Dieu ou aux astres le cas échéant pour faire fructifier ses terres. Chaque phénomène compliqué avait pour lui une cause simple et ce que l'homme ne pouvait contrôler trouvait vite une explication rationnelle dans une dimension qu'il ne maitrisait pas : le Tout Puissant ou la Lune.


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Nombreux sont encore aujourd'hui les hommes qui expliquent les phénomènes naturelles, les catastrophes climatiques par ce genre de croyances. Elles ne sont pourtant fondées sur aucune base scientifique cependant qu'on s'appuie sur le nombre de lune d'une année. Lors on ne sait si l'un se base sur les lunes pleines ou sur les nouvelles lunes ce qui tendrait bien évidemment à changer le nombre de lunes comprises dans une année...
L'homme veut toujours tout expliquer, trouver une cause à tout qu'il puisse comprendre surtout. Et si simplement la Nature était assez espiègle pour faire ce qu'elle voulait ...

Nan





Par Lady Angel - Publié dans : Le Stylet du Père Calloc'h - Communauté : Chroniques du temps présent
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Jeudi 5 mars 2009


"Je me souviens disait Job, je me souviens de leurs mains calleuses. Ils partaient à l'aube ma belle. Tu étais petite et tu dormais encore Nan. Mais ton père, il avait déjà le bachi collé à la tête et il s'affairait déjà sur le pont pour aller pêcher la pitence qui allait nourrir la ptiote môme que tu étais et ta mère.
Oui Nan, les cordes lui fendaient les mains comme autant d'épreuves mais il aimait ça le bougre. Ah oui alors, pour rien au monde il n'aurait cédé sa place sur le raffiot.
Tu l'aurais entendu gueuler comme un veau pour qu'on accélère le mouvement. Ca chômait pas avec lui et les gaillards avaient intérêt à pas s'être levés avec deux pieds gauche qu'il leur aurait foutu le sien au derrière, ça c'est sûr"
Nan riait de bon coeur quand Job évoquait les souvenirs de son père.
Elle ne se souvenait plus elle. Elle savait juste qu'il était mort en mer et que son bateau s'était abimé un jour de tempête lorsqu'elle était gamine. Elle avait préféré oublié cette partie sombre de son enfance pour ne la bercer qu'aux souvenirs de Job.
Il lui semblait que ça avait toujours été mieux ainsi.

"Il portait, avec son équipage, l'espoir de tout un village de les voir revenir avec une pêche miraculeuse. Kermany vivait au rythme des va et vient du port et chacun s'affairait qui au filet, qui aux gréments,à quai ou sur la voilure pour qu'au matin les thoniers et autres bisquines puissent partir à la première heure.
Tu te rends compte Nan, ils portaient toute la palpitation des hommes? On vibrait tous du même élan et on attendait le retour avec une impatience non feinte.... Et toi ma belle, tu dormais, insouciante de tout ce raffut qui nourrissait ta jolie frimousse."

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Par Lady Angel - Publié dans : Les Crayons de Job - Communauté : Chroniques du temps présent
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